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sauvegarde de personnes risquant
la mort par une discrimination inacceptable |
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Au départ I Pourquoi, pour qui ?
S'il est une seule chose en commun entre tous les êtres de tous les temps, c'est l'élan naturel, instinctif, de défendre sa propre vie et celle de ses chers par dessus n'importe quelle autre préoccupation, en en appelant impérativement à tous les recours disponibles lorsque c'est nécessaire. Je ne vois qu'une seule exception : les suicidaires; une réflexion spécifique & respectueuse à leur endroit sera mise par écrit dans un autre papier plus tard. Honnêtement, celui qui écrit comme celles & ceux qui lisent : "que ne ferais-je pour me soustraire à une mort prématurée, avant que ma dernière heure soit naturellement venue? Que n'entreprendrais-je pour y soustraire l'un de mes aimés ? Dans ce cas là, il y aurait très peu voire pas de limites à mon acharnement pour renverser le cours de la fatalité, et je m'attendrais à trouver au secours toutes les solidarités possibles et imaginables". Aujourd'hui une multitude de gens perdent précocement la vie sur des privations dérisoires : pas de main tendue à un moment crucial, pas d'antibiotique, pas de ration alimentaire, pas de geste thérapeutique simple, pas de carburant pour le transport au lieu de soins, pas d'abri en sécurité, pas de chauffage, pas les quelques $ par mois pour se soustraire à l'esclavage sous toutes ses formes, pas d'échappatoire géographique pour fuir les meurtriers à ses trousses, pas de recours pour être protégé devant une police pourrie, et tant d'autres déficits quantitativement mesquins en soi mais mortels. Plus la cause matérielle d'une mort annoncée est minuscule en valeur marchande, plus insupportable est le simple fait que cela puisse se produire. A ces facteurs s'ajoutent la cruauté, le cynisme, le lucre, l'incurie et la bêtise : autant de facteurs qui fabriquent des tueurs d'innocents, autant de facteurs qu'on peut et qu'on devrait contrecarrer, du moins tenter de le faire; les armes pacifiques pour ce faire ne manquent pas aujourd'hui ! Suffit de s'en saisir, et d'encourager d'autres à en faire autant pour barrer la route aux massacreurs conscients ou inconscients. Ce mouvement n'aurait pas du tout la prétention d'être un premier du genre, loin de là ! Par définition, la quasi totalité des organisations dites humanitaires du Nord comme du Sud (qui se mettent à pulluler) aspirent à / ou prétendent sauver le genre humain, c'est congénital. Une multitude fait du bon travail, incontestablement; une multitude d'autres sont des fumistes volontaires ou involontaires. Ajoutons-y les agences internationales et toute l'armada des institutionnelles cinq étoiles. De quoi théoriquement résorber l'ensemble des maux & détresses qui accablent les peuples. Tout cela pouvant s'arquebouter sur une véritable pléiade de textes -conventions internationales, régionales, continentales, ad hoc, protocoles divers et variés, etc.- garantissant en toutes les langues les droits fondamentaux de l'espèce humaine, dont bien sûr le droit à la vie. Pourtant, on le sait, on le touche, on le vit : dans le sillage plus ou moins immaculé de cette flotte on continue de se noyer en grand nombre. Nous l'avons tous vu sur le terrain, comme moi-même l'ai vu : des laissés-pour-compte innombrables crèvent dans l'indifférence générale. Trop pauvres, trop estropiés, trop analphabètes, trop abrutis par le malheur, l'alcool ou la dépravation forcée, trop jeunes ou vieux, pas dans la cible, pas dans les critères, cachés, se cachant, relevant de la mauvaise ethnie ou religion au mauvais moment, du mauvais côté de la frontière ou de la vallée, pas à la mode, pas vendables médiatiquement, pas rentables politiquement, pas expressifs, pas exprimants. Le fond du panier de l'humanité, la lie, le fond de décor d'autres tragédies lointaines et silencieuses, les bâillonnés, les ignorants, les enterrés vivants, les antihéros du développement, les infra-humains dont personne ne peut monnayer le salut, de la chair à souffrir et à mourir dans la plus stupide et banale routine qui ne vaut même pas 1/10ème de colonne à la page 28 d'une gazette désuvrée. En d'autres temps on les eut appelé les damnés de la terre. Moi-même dans mes "courses humanitaires" j'en ai rencontré P A R T O U T, de ces gens qui s'éteignent dans l'oubli, l'ignominie parfois, les souffrances illégitimes souvent, toujours dans la plus parfaite I N J U S T I C E; j'ai pu hésiter ici et là, me gaver l'âme de la scène, puis passer mon chemin, sans rien faire, sous prétexte de mandat, de temps ou d'argent comptés, d'impératifs divers et variés, etc. etc.
a) Vis à vis de "La misère et l'injustice humaine
n'ont pas de bornes" c'est tellement vrai que ce mouvement veut volontairement
se restreindre à l'un seul des aspects de ce vaste champ qui est
celui de sauver une vie humaine lorsqu'elle est en voie de destruction
alors qu'il pourrait facilement en être autrement. Tu sauves une
vie, et tout reste à faire; notre mouvement ne serait pas solvable
ni compétent pour assumer ce tout qui reste à faire. Le
relais appartient aux autres : Ongs, société civile, réseaux
sociaux, politiciens, développement communautaire, etc. Mais encore
une fois : tous ces relais sont vains si la vie est détruite. (Ajoutons
enfin toutefois que Vivere se doterait tout de même d'une
capacité d'ameutement, mais toujours centrée sur l'origine
des désastres contre lesquels on se bat et avec une solide qualification
acquise pour ce faire.) b) Donc on ferait un peu d'un tout petit peu sur le long vecteur conduisant
vers un minimum de justice pour chaque personne. Mais ce "peu du
peu" peut (devrait) pouvoir se faire n'importe où et dans
n'importe quelle situation relevant des massacres contre lesquels on s'érige;
c'est pour cela que le concept est ouvert au monde et aux causes : n'importe
quelle victime potentielle de n'importe quel pays devrait avoir sa sauvegarde
assurée ad minima, par conséquent dans le principe ce mouvement
ne doit pas a priori être fermé & inaccessible pour quiconque
en aurait besoin. D'ailleurs à titre de comparaison considérons
la brochure d'Agir Ensemble, ou encore la charte de Sentinelles ou de
Terre des hommes : n'importe qui à l'autre bout du monde se sent
concerné par la simple lecture de tels documents, et n'importe
quelle victime d'abus relevant de ces vocations pourrait imaginer en appeler
à l'organisation-auteur. Laquelle dirait : "je peux, ou je
ne peux pas, raisons...". Reste que le message d'un idéal
de meilleure justice émanant de ces chartes & brochures voyage
largement, fait réfléchir, et peut parfois déclencher
des initiatives intéressantes même si l'organisation-source
n'est pas en mesure de s'y joindre, parfois même à son insu.
Peut-être faudrait-il dire que le texte de ce mouvement Vivere
voudrait afficher d'abord et avant tout UN PRINCIPE, théoriquement
banal et universel, mais trop souvent foulé aux pieds. c) Vivere serait, comme tous les autres petits mouvements, vite contraint de faire des choix, de décliner des propositions de partenariat & d'action, pas de doutes. Et comme les autres on dira que la seule limite devant laquelle on est obligé de s'incliner est celle des moyens à disposition & de nos forces pour le mettre en oeuvre. D'ici à avoir atteint les limites, on va de l'avant avec ceux des partenaires et/ou situations qui se présentent au fur et à mesure : c'est empirique, arbitraire, mais même si on resserre le focal de la vocation de dix mille crans, on tombera toujours sur des limites et des choix arbitraires au détriment d'autres pourtant possibles, non ? Août 1999
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