GOLFE PERSIQUE

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Situation

Plusieurs pays de cette région connaissent un singulier essor économique. Ces richesses excitent la convoitise des trafiquants d’êtres humains qui en font une destination de prédilection; par ailleurs elles sont un ‘miroir aux alouettes’ pour bon nombre de candidats à la migration.

Porter assistance aux victimes du trafic des êtres humains induit mille difficultés, mais aussi deux dangers potentiels :

  • Être directement confrontés avec les mafias qui tirent des profits exorbitants de cet esclavage moderne. Sans foi ni loi, ces gens sont des tueurs.
  • Susciter la vexation et le courroux des autorités nationales là où l’exploitation est pratiquée, tandis qu’elles s’évertuent à se présenter au monde comme irréprochables à cet égard. Un seul dignitaire se trouverait contrarié par la démonstration des dures réalités que nous traitons, et en peu d’instants nous serions inquiétés, expulsés, et une fin brutale portée au travail sur place.

Ces éléments expliquent la discrétion qu’il nous faut observer tant envers les pays concernés que sur les formes de collaboration sur place permettant de délivrer des victimes et les rapatrier en sécurité.

Objectifs

  • Réduire les menaces et les tourments endurés par les victimes du trafic retenues contre leur gré dans le pays d’exploitation, en les rapatriant dans leur pays d’origine respectif.
  • Assurer aux victimes une assistance adaptée à leurs problèmes : médical, légal, social. Tant dans le pays d’exploitation qu’une fois rentrées dans leur pays d’origine.
  • Renforcer une synergie efficace avec des organisations amies dans les pays d’origine pour qu’un service de suites soit assuré à chaque victime rapatriée.

 

Partenaires locaux : notre équipe constituée en ‘Crises center’, les délégations régionales de l’Organisation internationale des migrations dans les pays d’origine.

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Réalisations 2020

Depuis 2008, une petite équipe de cinq personnes a été constituée sur place qui travaille en permanence pour dépister et aider les victimes là où elles se trouvent recluses ou en clandestinité.

En 2020 cette action a permis d’assurer un secours direct et déterminant à 153 victimes provenant de 16 pays différents et qui y ont été rapatriés dans un délai moyen inférieur à deux mois après la première identification. L’exploitation sexuelle reste majoritaire parmi les victimes.

Lieu du premier contact avec les victimes : contrairement aux périodes précédentes, la majorité des femmes ont été identifiées dans la rue (115 / 155 = 74%). Cela est principalement dû aux crises pandémiques qui : a) ont empêché notre équipe de visiter les prisons, et b) ont réduit le nombre d’arrestations effectuées par les forces de l’ordre.

Durant la pandémie, la plupart des consulats des pays de la CEI concernés se sont montrés très coopératifs avec nous, même plus que d’habitude, bien que la communication se soit faite par télétravail. À l’opposé, la plupart des consulats des pays africains ont été complètement fermés pendant plus ou moins 2 mois, ce qui explique pourquoi le pourcentage de victimes africaines rapatriées est inférieur aux années précédentes (13%).