Chères et chers Membres et Amis,
1° Drame de Crans-Montana le soir du réveillon : nous ressentons une immense peine et assurons aux familles des victimes directes et indirectes nos condoléances et notre solidarité.
Avant de vous présenter les dernières informations sur nos actions par-delà nos frontières dans des régions particulièrement tourmentées, nous nous devons de vous partager notre tristesse pour toutes les vies anéanties en pleine croissance par l’effroyable tragédie du Nouvel-An dans ce bel écrin des Alpes suisses. Nous adressons nos pensées et nos condoléances après ce malheur qui nous a pour beaucoup émus et ébranlés :
Aux personnes blessées dans leur chair, à toutes celles qui ont été ravagées par les flammes et qui luttent, à toutes les âmes meurtries de près ou de loin, à toutes les personnes touchées dans leur cœur : nos pensées de solidarité et de réconfort vous accompagnent, puissiez-vous trouver la force et le soutien nécessaires à la poursuite de votre chemin de vie dans la lumière.
Anne (membre de Vivere)
2° L’administration Trump conduit vers une ère de reculs et de dangers pour les droits humains.
Plutôt que de développer ici une rédaction laborieuse nous vous invitions à consulter les articles suivants, éclairant sur les chausse-trappes d’une politique délibérée d’oppression :
- Tambour battant, Donald Trump bouleverse l’ordre mondial https://www.bluewin.ch/fr/infos/international/tambour-battant-donald-trump-bouleverse-lordre-mondial-3051064.html
- Aux Etats-Unis, les pratiques autoritaires érodent les droits humains https://www.amnesty.be/infos/actualites/etats-unis-pratiques-autoritaires?utm_source=email&utm_medium=email-newsletter&utm_campaign=2026-newsletter-04 et https://www.amnesty.be/IMG/pdf/ringing_the_alarm_bells.pdf
L’autoritarisme et le despotisme sont contagieux entre régimes au pouvoir ici et là. Dans nos pays de travail pourtant déjà tellement éprouvés avant le retour de Trump au pouvoir nous mesurons une détérioration accélérée depuis sa réélection l’an dernier, ce qui conduit Vivere à devoir adapter notre action à de nouvelles configurations de crises, à des urgences de protection de nos partenaires sur le terrain, et à des dépenses imprévues pour sauver des vies dans ces contextes mouvants.
Les amis d’Amnesty International-Belgique résument la situation ainsi : « L’heure est grave, plus que jamais. Nous sommes à un moment crucial de l’Histoire. Le monde vacille. De toutes parts, on s’attaque à l’idéal des droits humains. Nous entrons dans une nouvelle ère de brutalité, avec des attaques contre les civils, des crimes de guerre, et des voix dissidentes réduites au silence par des pouvoirs autoritaires décomplexés. »
Que chacun sache et se réveille !
3° Syrie
Les violences intercommunautaires continuent de sévir avec leur lot quotidien de victimes innocentes.
En décembre 18 nouveaux bébés sont venus s’ajouter à ceux précédemment pris en charge, puis 17 nouveaux le mois dernier. Avec le roulement des durées de prise en charge (de la naissance jusqu’au 7ème mois d’âge) cela constitue un total de 45 nourrissons recevant à présent un complément nutritionnel. Parmi les nouveaux arrivants :

4° Défense d’accusés de blasphème risquant la peine de mort.
Pour raisons évidentes de sécurité nous devons celer le pays et les acteurs impliqués, mais sachez que Vivere veille en permanence à agir rapidement au secours de chaque nouveau cas porté à notre connaissance par les courageux avocats qui acceptent de s’engager dans ces procédures à hauts risques tant pour les victimes que pour eux-mêmes. Depuis janvier nous prenons en charge la défense d’une femme d’une trentaine d’années incarcérée depuis Mai 2025, accusée d’avoir plongé des pages du Coran dans un seau d’eau et risquant pour cela la peine capitale selon le code pénal en vigueur.
5° Burundi : lancement du projet étendu de réhabilitation de femmes voulant quitter durablement le travail du sexe auquel le dénuement les avait contraintes.
Après cinq ans de travail avec notre partenaire local, l’association SFBSP, à raison de dix femmes soutenues chaque année, ce travail reçoit à présent le renfort financier de l’ambassade de France et de nos amis de ‘Solidaires sans Frontières’ (Lyon France). Ces soutiens permettent d’élargir d’un coup à soixante le nombre de femmes bénéficiaires, 20 à Bujumbura et 40 à Kirundo.
Ce développement répond tout à fait à l’un des objectifs majeurs de Vivere depuis sa création : initier à échelle modeste des actions de sauvegarde de personnes en situation intolérable, conduire le travail à bien et en exemplarité, puis y intéresser des acteurs supplémentaires susceptibles un jour de prendre totalement le relais. En l’occurrence, l’efficacité de la mise en œuvre par notre partenaire SFBSP, et celle de notre chargée de projet Annick qui assure bénévolement la liaison, donnent à espérer que cet objectif pourra être atteint.

6° Protection et réhabilitation de victimes du trafic d’êtres humains.
Au cours de l’année 2025 notre dispositif a permis :
- Depuis le Golfe Arabique le rapatriement dans leurs pays d’origine respectifs de 232 victimes qui y étaient exploitées. Parmi elles deux avait moins de 18 ans au moment où nous les avons identifiées, et 178 avaient moins de 25 ans. 148 victimes avaient subi l’esclavage sexuel, et la plupart des autres des travaux forcés dans la domesticité. Pour les protéger une fois libérées de leur captivité jusqu’au moment de monter dans le vol de rapatriement, nous avons assuré sur place 305 nuitées dans des abris garantissant leur sécurité.
- Devant les tribunaux en Ukraine et en Ouzbékistan nous avons soutenu vingt procès contre des trafiquants, assurant ainsi la défense de 24 victimes ayant eu, chacune, le courage de porter plainte.
Cette action inclut aussi le soutien socio-professionnel de victimes rapatriées nécessitant une aide à la réinsertion. Par exemple :
- En Transnistrie, tel que le rapporte notre partenaire l’association Women’s Initiatives : “En 2025, Natalia (nom d’emprunt) a franchi une étape importante : elle a commencé une formation pour devenir coiffeuse. Ce métier a été choisi après consultation d’un psychologue, en tenant compte de sa santé et de ses capacités. Les outils nécessaires ont été achetés pour elle, lui permettant de commencer sa formation sans obstacle financier. La maîtrise de ce métier donne à Natalia la possibilité de gagner un revenu stable, de devenir indépendante et d’améliorer progressivement sa qualité de vie. Il s’agit d’une étape importante dans son parcours, qui montre qu’avec du soutien et de la motivation personnelle, il est possible de reprendre le contrôle de sa vie et d’aller de l’avant.’’

- En Ouzbékistan :

Pour illustrer la sorte d’épreuves subies par les victimes voici la narration d’un cas par notre équipe permanente dans le Golfe qui en secourt une quinzaine chaque mois. Traduction :
« Deux jeunes filles égyptiennes ont été envoyées par leurs parents dans le Golfe pour soutenir la famille dans la banlieue du Caire en y transférant une partie de leur salaire. La personne de contact dans le Golfe était un membre de la famille nommé Mohammed. Il a finalement agi en tant qu’exploiteur et a forcé les jeunes femmes à l’esclavage sexuel. Au début, elles devaient travailler dans son appartement de J… une fois par jour. Ensuite, il a loué une villa à Al…. Mohammed avait compris que le ‘‘travail’’ des jeunes femmes était comme une mine d’or : il les a forcées à besogner avec davantage de clients chaque jour – jusqu’à douze (!!!). Chaque jour il réalisait un bénéfice d’environ $1’290 (CHF 990), alors que les jeunes filles ne touchaient quasiment rien. Mohammed envoyait une fois par mois seulement l’équivalant de $ 650 (CHF 500) à la famille égyptienne. A la fin du mois de mai, Mohammed a amené un client Saoudien qui lui demandait deux jeunes filles, prêt à payer une somme énorme. Le lendemain matin, alors que le Saoudien tentait de quitter la villa sans rien payer, les deux hommes se sont battus à grand bruit. Un voisin a appelé la police qui est arrivée rapidement. Les deux hommes et les jeunes femmes ont tous été arrêtés. Les femmes ont été placées en détention au poste de police d’Al…, les hommes à la prison centrale. Comme les femmes n’étaient pas impliquées dans la bagarre mais avaient dépassé la durée de validité de leur visa, les services d’immigration ont décidé de les expulser du pays, tandis que les hommes feraient l’objet d’une enquête plus approfondie. Selon les rumeurs, le Saoudien avait dans son portable un millier de photos et de vidéos liées à la maltraitance d’enfants. Au cours de l’enquête, les deux jeunes filles ont déclaré aux agents de la criminelle qu’elles étaient physiquement contraintes d’avoir des relations sexuelles avec des inconnus. Elles n’ont pas, bien a tort, été classées comme victimes de la traite d’êtres humains. Il faut noter que les deux filles n’avaient sur elles pas d’argent du tout ! C’est pourquoi une policière du commissariat nous a demandé de venir les aider. »
Chères et chers Membres et Amis, nous renouvelons notre reconnaissance pour votre intérêt envers le travail de Vivere, et pour votre confiance qui nous est tellement importante.
Le comité de Vivere