Brèves Juin 2026

Chères et chers Membres et Amis,

 

1° Iran : risque d’exécutions !

Une juriste Iranienne proche de Vivere, professeure d’université déchue pour avoir sensibilisé ses étudiants aux progrès nécessaires en matière des droits humains dans son pays, s’est vue signifier en février dernier une assignation au tribunal sous un chef d’accusation – dissidence – devant déboucher sur la peine de mort. Avec son enfant elle vit depuis plusieurs mois dans la clandestinité complète ; son logement et tous ses biens ont été raflés par les gardiens de la révolution.

 

Aussi, nous sommes sensibles à la campagne déclenchée par les amis d’Amnesty International Belgique, nous appelant toutes et tous à envoyer un courrier de protestation au responsable du pouvoir judiciaire, Gholamhossein Mohseni Ejei, pour contrer le risque d’exécution de dizaines de dissidents Iraniens. Un modèle de lettre est proposé sur

 

https://www.amnesty.be/veux-agir/agir-individus/reseau-actions-urgentes/article/manifestant-dissident-risquent-executes .

 

Nous vous encourageons à agir.

 

 

2° Défense d’accusés de blasphème risquant la peine de mort

Pour raisons évidentes de sécurité nous devons celer le pays et les acteurs impliqués ; mais sachez que Vivere veille en permanence à agir rapidement, si nos ressources le permettent, au secours de chaque nouveau cas porté à notre connaissance par les courageux avocats acceptant de s’engager dans ces procédures à hauts risques tant pour les victimes que pour eux-mêmes. Le mois dernier nous est arrivée la très bonne nouvelle de l’acquittement de deux femmes qui encourraient la peine capitale. L’une était accusée d’avoir vilipendé le livre sacré lors d’une dispute au téléphone avec un inconnu. L’autre femme était accusée d’avoir brûlé une page du livre sacré en étant accroupie dans un cimetière. Dans tout autre contexte de telles accusations seraient miteuses, grotesques, mais dans certaines contrées elles peuvent conduire à la potence, à la lapidation, ou encore à être brûlée vive.
 
Avec notre dispositif on peut sauver ces vies moyennant une dépense d’environ CHF 1’280 (€ 1’400) pour couvrir les frais d’avocat et de procédure.                                 

 

3° Mauritanie : lutte contre l’esclavage

 

 
Notre courageux partenaire local, l’association IRA, relate ici l’abîme de mauvais traitement infligée à une enfant :
 
« Le vendredi 30 janvier 2026, Madame Rachida mint Essalek, assiste au calvaire d’une fillette âgée de 11 ans, vêtue de haillons, pieds nus, en train d’accomplir des travaux domestiques, chez une famille arabo-berbère, à Toujounine commune de la capitale Nouakchott. Grâce à la vigilance de la susdite, en face de la pénibilité des tâches imposées à la mineure Nouhe mint Mohamed, les militants de l’association Initiative du mouvement Abolitionniste (IRA) ont pu constater et documenter une situation de flagrance. L’enfant n’était pas scolarisée et les images recueillies prouvaient, notamment, qu’elle transportait de lourds bidons d’eau et exécutait des travaux quotidiens, relevant de l’exploitation. Aussi, en conformité à la loi 031-2015 criminalisant l’esclavage et ses pratiques, les autorités compétentes ont été saisies d’où le début d’un semblant d’enquête. Cependant, Rachida mint Essalek, au lieu de recevoir la médaille de la citoyenneté se retrouva, aussitôt, entre les griffes des chiens de garde de la domination.
 
Puis le 17 fév. publié par  ‘Le Réseau Sahélien de Lutte contre l’Esclavage’ : classement sans suite inacceptable d’un cas impliquant une mineure de 11 ans Nous sommes particulièrement préoccupés par la décision du Ministère public de classer sans suite l’affaire concernant une jeune fille de 11 ans victime de faits relevant de l’esclavage. Cette décision est d’autant plus incompréhensible que l’enquête ordonnée par le Procureur aurait relevé des éléments factuels graves qui devraient conduire à une requalification des faits et à l’ouverture de poursuites appropriées, et non à un non-lieu. L’État mauritanien est lié par ses engagements nationaux, régionaux et internationaux en matière de lutte contre l’esclavage et de protection des droits de l’enfant. Il a l’obligation juridique : de protéger les droits fondamentaux et sociaux de la mineure, de poursuivre et sanctionner les auteurs, d’assurer réparation aux victimes. Le classement sans suite dans ces conditions constitue un signal inquiétant pour la lutte contre l’impunité. »

 

4° Syrie

Notre équipe sur place partage avec nous le désarroi général : manque d’argent et prix inabordables, comment arriver à se nourrir ? Persistance de violences et/ou représailles intercommunautaires, vengeances, vols, cadavres dans les rues…

Que ce soit en mars ou en avril, nos amis signalent maints cas de pères de famille, précédemment fonctionnaires, qui sont renvoyés à cause de leur appartenance à la communauté alaouite.

En mars : 19 nouveaux nourrissons intègrent le projet, s’ajoutant aux 26 précédemment aidés.

En avril : 14 nouveaux enfants et leurs familles sont accompagnés et pour 31 on poursuit le soutien. Sur les nouvelles familles soutenues plus de la moitié ont dû émigrer et, misant que le calme serait revenu, retraversent le pays pour tenter de regagner leur chez eux.

L’Union européenne va chercher lundi à relancer sa coopération avec la Syrie, la stabilité de ce pays longtemps déchiré par la guerre étant aussi une condition pour le retour des réfugiés syriens établis dans l’UE. Les ministres des Affaires étrangères de l’UE vont rencontrer leur homologue syrien Assaad al-Chaibani pour entamer un «dialogue politique» à haut niveau, un an et demi après la chute de Bachar al-Assad. L’idée est de favoriser la reconstruction dans ce pays ravagé par quinze ans du guerre civile, où la situation sur le terrain reste «effroyable», selon un responsable de l’UE à Bruxelles. Quelque 13 millions de Syriens, soit près de la moitié de la population, ont besoin d’une aide alimentaire, selon ce responsable. (Le Temps 11.05.2026)

 

5° Pakistan, meilleure justice juvénile : actions visant l’abolition de la peine de mort et de l’emprisonnement à vie de mineurs

Ce travail mené dans 6 provinces du pays par nos partenaires, juristes aguerris, cible à la fois l’abolition des châtiments extrêmes encourus par les enfants en conflit avec la loi et plus largement, aussi, des progrès concrets dans la justice juvénile. Ces douze derniers mois ont vu se réaliser plusieurs actions énergiques pour la formation d’avocats et autres acteurs du judiciaire, ainsi que des conférences de presse visant tant une sensibilisation du public qu’une interpellation des autorités et des forces de l’ordre.

Comme chaque année l’un des nôtres s’est rendu sur place durant deux semaines en avril dernier pour soutenir nos partenaires, leur apporter des conseils méthodologiques, échanger avec certaines autorités locales, évaluer l’emploi des ressources confiées par Vivere avec le souci de la plus stricte économie. Pour la première fois nous avons pu tenir des formations dans la province semi-autonome du Cachemire, ce qui n’est pas une moindre réalisation !

Les photos suivantes illustrent la plupart des sessions récentes organisées aux quatre coins du pays. Depuis le début de cette action en 2019, ce sont plusieurs centaines de professionnels, sensibilisés et formés, qui aujourd’hui à travers le vaste Pakistan peuvent agir concrètement à soulager les injustices et les mauvais traitements accablant les filles et les garçons en conflit avec la loi. C’est pour nous un motif de grande satisfaction que de nombreuses femmes, policières, avocates, agentes de probation, magistrates, aient eu l’audace de participer à nos rassemblements compte-tenu que la tradition pakistanaise cantonne généralement la femme à des rôles d’arrière-plan. 

 

Pākpattan avril 25

 


Haripur avril 25

 


Manshera avril 25

 


Manshera avril 25

 


Gilgit juin 25

 

Gilgit juin 25

 


Hunza juin 25

 

Hunza juin 25

 

Toba Tek Singh  juillet 2025

 

Ghizer juillet 25

 

Ghizer juillet 25

 

Karachi  août 25

 

Multan octobre 25

 

Upper Dir  décembre 25

 

Swat  décembre 25

 

Muzaffarabad avril 26

 

Bhakkar avril 26

 

Chères et chers Membres et Amis, nous renouvelons notre reconnaissance pour votre intérêt envers le travail de Vivere, pour votre confiance qui nous est tellement importante, et votre vigilance sur les alertes – pas seulement les nôtres – qui cadencent l’actualité  !

Avec nos chaleureuses salutations,

Le comité de Vivere